Une contravention de 4ème classe est une infraction routière majeure sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros. Elle s’applique aux comportements dangereux tels que l’excès de vitesse, le non-respect d’un feu rouge, la circulation en sens interdit ou l’usage du téléphone au volant. Pour éviter une amende majorée, le conducteur doit respecter des délais de paiement stricts ou engager une requête en exonération pour contester le procès-verbal. Ce guide complet vous détaille les barèmes tarifaires, l’ensemble des sanctions encourues et les démarches administratives pour préserver la validité de votre permis de conduire.
Qu’est-ce qu’une contravention de 4ème classe ?
Dans la hiérarchie des sanctions pénales, la contravention de 4ème classe se situe juste avant les délits. Elle sanctionne une infraction routière jugée sérieuse par le législateur. Contrairement aux classes inférieures (1 à 3) qui concernent souvent des règles de stationnement ou de légers excès de vitesse, la 4ème classe cible des comportements qui mettent directement en péril la sécurité des autres usagers. Elle entraîne quasi systématiquement un retrait de points en plus de la sanction financière. C’est la classe de la contravention la plus redoutée après la 5ème classe, car elle constitue souvent le premier pas vers une invalidation du permis de conduire par manque de points.

Quels sont les montants des amendes pour une 4ème classe ?
Le montant d’une amende pour une 4ème classe est encadré par la loi, mais il fluctue de manière importante selon votre réactivité à payer. L’amende forfaitaire standard est fixée à 135 euros, mais le système français est conçu pour inciter les conducteurs à régulariser leur situation au plus vite via un barème dégressif.
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des montants selon le délai de paiement :
| Type d’amende | Montant | Délai (Courrier) | Délai (Télépaiement) |
|---|---|---|---|
| Amende minorée | 90 € | Sous 15 jours | Sous 30 jours |
| Amende forfaitaire | 135 euros | Entre 16 et 45 jours | Entre 31 et 60 jours |
| Amende majorée | 375 € | Après 45 jours | Après 60 jours |
| Amende encourue | Jusqu’à 750 euros | Cas de passage au tribunal | Fixé par le juge |
Il est important de noter que l’amende minorée est une opportunité de réduire la sanction financière, mais elle n’annule en rien le retrait de points associé. À l’inverse, si vous laissez passer les délais, l’amende majorée s’applique de plein droit, et le Trésor Public peut engager des poursuites pour recouvrer la somme. Enfin, l’amende encourue de 750 euros représente le plafond légal qu’un juge peut décider de vous infliger si vous contestez l’infraction sans succès devant le tribunal de police.
Quelles infractions entraînent une contravention de 4ème classe ?
De nombreuses situations de conduite quotidienne tombent sous le coup de cette sanction. Voici les cas les plus fréquents rencontrés par les conducteurs :
- L’excès de vitesse : il s’agit principalement des dépassements compris entre 20 km/h et moins de 50 km/h au-dessus de la limite autorisée. La 4ème classe couvre également les excès inférieurs à 20 km/h commis en agglomération (voies limitées à 50 km/h ou moins). Note : depuis le décret du 9 février 2024, les excès inférieurs à 5 km/h ne donnent plus lieu à un retrait de point, mais l’amende de 4ème classe reste applicable en agglomération.
- Le non-respect de la signalisation : griller un feu rouge ou un panneau « Stop » est une cause majeure d’accidents.
- La circulation en sens interdit : une faute grave qui met en danger immédiat la vie d’autrui.
- L’usage du téléphone au volant : qu’il soit tenu en main ou utilisé via des écouteurs, oreillettes ou casque audio, cela reste une infraction routière de 4ème classe. Attention : si le téléphone est couplé à une autre infraction, une suspension immédiate peut être prononcée.
- Les équipements de sécurité : le défaut de port du casque pour les deux-roues ou le non-port de la ceinture de sécurité.
- Le refus de priorité ou le non-respect des distances de sécurité.
Quelles sont les sanctions possibles pour le conducteur ?
Outre l’aspect financier, une contravention de 4ème classe pèse lourdement sur votre dossier administratif et la validité de votre titre de conduite. La sanction la plus redoutée est le retrait de points, qui intervient automatiquement dès le paiement de l’amende ou la fin des délais de recours. Selon la gravité de la faute, vous risquez de perdre entre 1 et 4 points (par exemple, 3 points pour le téléphone au volant, 4 points pour un feu rouge, un sens interdit ou un refus de priorité).
Il est important de noter qu’en cas de cumul d’infractions simultanées, vous pouvez perdre jusqu’à 8 points en une seule fois, conformément à l’article L223-2 du Code de la route. Voici les différentes sanctions auxquelles vous vous exposez :
- Retrait de points immédiat : de 1 à 4 points retirés sur votre solde de 12 points (ou 6 points pour les jeunes conducteurs en permis probatoire, 8 points en conduite accompagnée).
- Suspension du permis : pour les cas les plus sérieux (excès de vitesse supérieur à 30 km/h), le préfet ou un juge peut suspendre votre droit de conduire jusqu’à 3 ans.
- Stage de sensibilisation obligatoire : une peine complémentaire qui peut vous être imposée par la justice sans pour autant vous permettre de récupérer des points (stage en « peine complémentaire »).
- Immobilisation du véhicule : dans certaines situations où la sécurité est compromise ou le conducteur inapte.
- Invalidation du permis : si le retrait de points amène votre solde à zéro, vous perdez votre permis (lettre 48SI).
L’amende encourue n’est donc que la partie visible d’un arsenal répressif. Une suspension du permis peut avoir des répercussions dramatiques sur votre vie professionnelle et personnelle, bien au-delà de la perte de 135 euros.
Quels sont les délais de paiement des amendes ?
Le respect du délai de paiement est le facteur déterminant pour maîtriser le coût de votre contravention. Il est crucial de noter que le décompte ne commence pas à la réception du courrier, mais à la date d’envoi de l’avis de contravention (la date inscrite en haut à droite de votre document).
Voici les trois échéances clés à retenir pour le paiement de l’amende :
- Le délai de minoration (90 €) : c’est la phase la plus courte. Vous disposez de 15 jours pour payer par courrier. Toutefois, l’État encourage la transition numérique : si vous optez pour le télépaiement sur internet, ce délai est doublé et porté à 30 jours.
- Le délai forfaitaire (135 €) : si vous dépassez la période de minoration, vous entrez dans la phase standard. Vous avez alors jusqu’au 45ème jour (ou 60ème jour par internet) pour régler l’amende forfaitaire. C’est le dernier palier avant que la procédure ne devienne plus lourde.
- Le passage à l’amende majorée (375 €) : une fois le délai de 45 ou 60 jours expiré, vous perdez votre droit au tarif forfaitaire. Le dossier est alors transmis au Trésor Public, et une amende majorée vous sera adressée. Si vous payez cette amende majorée dans les 30 jours suivant son envoi (45 jours par télépaiement), vous pouvez bénéficier d’une remise légale de 20 % au titre de l’article 530-3 du Code de procédure pénale.
Passé tous ces délais, l’administration peut engager des procédures de recouvrement forcé (saisie sur salaire ou sur compte bancaire). Soyez donc vigilant sur le calendrier pour éviter de multiplier par trois le prix de votre faute.
Comment payer une contravention de 4ème classe ?
L’administration a simplifié les démarches pour faciliter le paiement et désengorger les tribunaux :
- Le télépaiement : c’est la méthode recommandée. En vous connectant sur le site officiel amendes.gouv.fr muni de votre numéro de télépaiement et de votre clé, vous payez en quelques clics et bénéficiez de délais allongés.
- L’application mobile officielle : disponible sur smartphone, elle permet de scanner le flashcode de l’avis et de régler en quelques secondes.
- La carte de paiement : vous pouvez vous rendre chez un buraliste équipé du terminal « Paiement de proximité » pour régler par carte bancaire ou espèces (jusqu’à 300 €).
- Le chèque : à libeller à l’ordre du Trésor Public et à envoyer avec la carte de paiement jointe à l’avis.
Comment contester une contravention de 4ème classe ?
Si vous estimez qu’une erreur a été commise ou que vous n’étiez pas au volant, vous disposez du droit légitime de contester. Cependant, une règle d’or prévaut : ne payez jamais l’amende si vous avez l’intention de la contester. En effet, le règlement de la somme vaut reconnaissance de l’infraction, ce qui clôt le dossier et déclenche irrévocablement le retrait de points.
Pour entamer la procédure, vous devez formuler une requête en exonération dans un délai de 45 jours. Voici les étapes et points clés à maîtriser :
- Le mode de contestation : vous pouvez agir par voie postale (en recommandé avec accusé de réception adressé à l’Officier du Ministère Public) ou, plus simplement, via le site officiel de l’ANTAI.
- La consignation préalable : pour certaines infractions (comme les radars automatiques), vous devrez payer une « consignation » qui vous sera remboursée si votre contestation aboutit, conformément à l’article 529-10 du Code de procédure pénale.
- Les motifs valables : vol du véhicule, usurpation de plaque, ou désignation d’un autre conducteur. Vous pouvez aussi invoquer un vice de forme sur le procès-verbal ou une imprécision majeure sur le lieu de l’infraction.
- L’issue de la demande : l’Officier du Ministère Public (OMP) peut classer l’affaire sans suite (succès), rejeter votre demande pour irrecevabilité, ou décider de vous renvoyer devant le tribunal de police.
Face au tribunal de police, vous devrez présenter des preuves solides (photos, témoignages, relevés GPS). Étant donné les enjeux sur votre permis, s’appuyer sur un expert en droit routier est souvent indispensable pour naviguer dans les subtilités juridiques et maximiser vos chances d’annulation de la contravention de 4ème classe.
En savoir plus sur les contraventions :
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