Psychologie du conducteur bouchons emouteillages chassés croisés

Psychologie du conducteur et chassés croisés

La psychologie du conducteur définit en grande partie ses réactions sur la route: zones de stress, trajets en famille, les chassés croisés ne pardonnent pas.

Revenons alors quelques temps en arrière, il fait beau, il fait chaud, les pauses sur l’autoroute laissent entendre les grésilles des grillons, ça y’est les vacances sont bien là et les chassés croisés entre juilletistes et aoutiens aussi. Parler de chassés croisés signifie aussi bouchons, attente aux péages, conducteurs du dimanche, et donc perte de patience. Quels ont alors été les comportements des conducteurs face aux inondations routières de cette période estivale ? Comment s’exprime la psychologie du conducteur ?

Psychologie du conducteur zones de stress, chassés croisés et embouteillages
Psychologie du conducteur zones de stress, chassés croisés et embouteillages

Psychologie du conducteur : nervosité au volant

Pour répondre à la question, Eléonore bourdon Psychologue Experte au sein de AAAEP Centre de Test Psychotechnique pour permis de conduire pointe un aperçu des comportements déclencheurs de l’irritabilité au volant :

Attendre une place de stationnement et voir une voiture se faufiler dedans.
La circulation est bloquée, mais un conducteur profite de l’accotement à droite pour passer devant.
Etre distrait quelques secondes et entendre le conducteur de derrière klaxonner.
Un conducteur change soudain de voie juste devant vous, sans le signaler.
Se faire suivre de très près par la voiture de derrière.
Après l’arrêt au feu rouge, un automobiliste s’efforce de démarrer plus vite que vous pour vous dépasser par la droite.
Un véhicule en plein phares vous suit de près et vous éblouit.
Un piéton passe lentement devant votre véhicule et vous empêche de « passer au vert ».
Le conducteur juste devant vous ne démarre pas même si le feu est vert.
Etre bloqué au péage parce que la personne en caisse n’a pas de quoi payer.
Un conducteur qui roule à 90 sur la voie de gauche de l’autoroute.
Un été meurtrier sur nos routes.

Il semblerait que les français aient été plus sages cet été puisque l’on a compté 700.000 flashs de radars en moins comparativement à l’été précédent (période prise du 1ER juillet au 15 aout) .Cette diminution en partie due à une majoration de la prudence au volant et du respect des limitations de vitesse n’est pas la seule explication. En effet, il semblerait que le prix du carburant et la crise économique apostille ce constat, sans éloigner les radars « hors services » au nombre de 10% sur la France. Les conséquences en sont donc positives, puisque le mois de juillet s’avère moins meurtrier que l’année précédente. Depuis 1948, date des premières statistiques sur la mortalité routière, la sécurité routière n’avait jamais présenté un bilan aussi peu meurtrier pour un mois de juillet. Cependant, ces résultats encourageants s’accompagnent d’une hausse des autres indicateurs des risques d’accidents du mois.

Le CNIR (Centre National d’Information Routière) a relevé un pic brutal le samedi 17 août avec quelques 900 kilomètres de bouchons recensés, l’équivalent d’une liaison Paris-Toulon. Nombreux ont été les sites et les organismes routiers qui ont rappelé les mesures de précautions avant de prendre la route pour un long trajet et les autorités se sont fait aussi très présentes afin de renforcer la sécurité des usagers de la route. Cependant cette majoration peut être expliquée : selon Patrick Bruno : « le moindre petit bouchon ou ralentissement est recensé, ce qui n’était pas le cas avant, il serait donc inexact ou en tout cas prématuré de dire que le pic atteint ce 17 août pulvérise celui du 4 août 2007 établit à 842 km de bouchons, les modes de calcul étant à ce jour complètement différent. »

Conducteur énervé
Conducteur énervé

Prendre la route en famille

L’institut de sondage Opinionway dévoile les conduites à risques de certains parents sur la route, avançant que voyager avec ses enfants n’accentue pas la prudence du conducteur. En effet, 76 % des parents interrogés ont déjà commis des excès de vitesse ou conduit avec un taux d’alcoolémie supérieur à la normale. Bien que cela puisse paraître discordant, ils évoquent tous encore une maîtrise d’eux même après deux verres d’alcool. Ce constat vient mettre en évidence la banalisation et le déni du conducteur face à sa consommation d’alcool. Il est important de rappeler que parce qu’il rend euphorique, l’alcool procure une confiance en soi excessive (donc dangereuse) et modifie la perception des risques. Les effets sont aussi mesurés au niveau cognitif présentant un danger pour la conduite , on cite alors un allongement des temps de réaction, la difficulté à prendre des décisions et a adapter la conduite aux circonstances, les troubles de la vision, le défaut de coordination et de synchronisation des gestes…

Même les Smartphones influent sur la psychologie du conducteur, en se mettant à l’heure des vacances. On a pu voir émerger des applications basées sur la prévention routière, la plus en vogue de l’été étant : « roulez éveillé » une création de la fondation Vinci Autoroutes permettant de tester notre vigilance à la conduite . Cette application, basée sur un concept simple dure 1 minute 30, et dès lors qu’apparaît un cercle rouge le conducteur doit appuyer le plus rapidement possible sur son écran. L’application mesure notre temps de réaction moyen et nous indique notre degré d’éveil. En cas de résultats négatifs, un repos de 20 minutes avant de reprendre le volant et de refaire le test est conseillé.

Application Android roulez éveillé de Vinci Autoroute
Application Android roulez éveillé de Vinci Autoroute

Psychologie du conducteur Homme et Femme : qui est le plus prudent sur les routes ?

Travailler et analyser la psychologie du conducteur nécessite la prise en compte de plusieurs facteurs dont les deux facteurs dominants sont le sexe et le contexte. Regardons les différences observées entre les hommes et les femmes face à leurs voitures.

Plusieurs études sur la psychologie du conducteur ont mis en évidence, que les hommes et les femmes avaient un comportement différent derrière leur volant. La voiture représentation inconsciente d’un habitacle sécurisant et protecteur telle une enveloppe ou se glisserait une feuille de papier montre que les femmes ont tendance à être plus prudentes en situation de conduite par un comportement d’anticipation des dangers et du risque quasi inné. Jean Marc Baillet, Docteur en psychologie du conducteur, attribue cette attitude à la phobie de se trouver défiguré par un possible accident. A l’inverse, les hommes ont tendance à se montrer plus confiants et le véhicule se pose comme une projection de leur personnalité, objet aussi selon le modèle et la valeur de pouvoir.

Cette différence sexuelle s’aperçoit aussi lors des embouteillages et des conséquences que cela engendre. Conduire dans les bouchons à des effets nocifs puisque cela accentue le stress physiologique mais les effets de ce stress sont ressentis avec une intensité et une proportion variable chez les femmes et les hommes. 60% des hommes se disent stressés face aux embouteillages contre 8 ,7% des femmes, pourtant face à ce constat ces messieurs ne souhaitent pas laisser leurs compagnes prendre le volant pour les apaiser. Les conséquences du stress au volant les plus facilement observables à l’étude étant la diminution des capacités attentionnelles et la présence d’un comportement plus erratique. Par le fait qu’elle nous renferme et se pose donc comme un moyen de protection vis à vis des autres conducteurs, la voiture diminue les interactions humaines comme celles que peut rencontrer le piéton ou encore le cycliste qui reste à l’air libre. Etre en voiture c’est être chez soi, et son intérieur est à l’image du conducteur et de sa vie accentuant alors la réassurance différentielle du piéton par les objets personnels qu’on y trouve. Une jeune mère de famille aura un ours en peluche ou un jouet occupant l’enfant durant les trajets comme elle peut en avoir aussi chez elle. Dans la voiture de la femme coquette on trouvera une paire de chaussures ou un vêtement oublié. En résumé, nous emmenons un peu de chez nous dans notre voiture et cela contribue à ce que le conducteur se sente bien derrière son volant. Ce petit résumé est d’une façon généralisé car je ne cite pas ici les phobiques du volant qu’il serait important d’aborder dans un prochain article.

Homme ou femme un fait est certain, nous entretenons une relation « symbiotique » avec notre véhicule mais qui n’est pas dénuée de stress car nous ne sommes jamais seul sur la route surtout en période estivale. Les départs en vacances sont d’ailleurs source d’anxiété sur la psychologie du conducteur qui se prépare à un voyage d’une durée plus importante qu’à son habitude avec en amont un temps consacré à sa préparation (bagages, révision de la voiture, prévision des arrêts pour certains). Parmi les causes de cette anxiété, les conducteurs interrogés citent la peur de l’inconnu et des autres, car en voiture le danger c’est les autres. Cette anxiété se voit tout de même diminuée une fois dans la voiture, permettant d’avancer que l’attente est provocatrice de cet état.

Homme et femme en voiture
Homme et femme en voiture

 

 

AAAEP renseigne sur l'actualité de la sécurité routière et de tout ce qui touche de près ou de loin au monde de l'automobile, de la moto, de la route et des tests psychotechniques. Directeur associé de AAAEP, ma société est experte dans la passation de test psychotechnique dans le cadre de la récupération du permis de conduire en cas de suspension, d'annulation ou d'invalidation et plus généralement de retrait de permis de conduire.

One thought on “Psychologie du conducteur et chassés croisés

Laisser un commentaire